8 janvier 2012

Le dîner de con

Cette année, avec mon chef, nous avons trouvé une nouvelle motivation pour aller travailler. Chaque jour, nous devons élire un nouveau candidat. C'est que nous nous trouvons dans un vivier. Les départager est une opération extrêmement difficile. Chaque détail compte. Quel sera celui ou celle qui saura se départager des autres et sera le grand vainqueur de notre dîner de con virtuel ?

Le gagnant du jour s'appelle Jean-Paul. Jean-Paul, lorsqu'il vient me voir pour une demande ou une autre, est exécrable. Il ne dit jamais bonjour et s'il vous plaît, merci ne font pas partie de son vocabulaire. Il me toise et éructe ses ordres. Je ne travaille pas pour lui et il le sait. C'est pourquoi il ne vient jamais seul; il doit avoir peur que je lui dise casse toi pauv'con tout le bien que je pense de lui. Je pourrais l'insulter sans aucune conséquence, car Jean-Paul et son génie dédaigneux ne sait pas qui je suis. Il sait où me trouver mais ne connaît pas mon nom.

En effet, le cerveau vide de Jean-Paul a souvent besoin d'aide. Alors lorsqu'il ne trouve personne pour l'accompagner dans mon antre, il se sert du téléphone. Et m'appelle. Moi. Souvent. Et il est tout mielleux. Un bonjour chantant, des s'il vous plaît, merci beaucoup à la pelle. Je suis son héroïne, il m'aime. Je redoute à chaque fois qu'il lui prenne l'envie de me faire une déclaration.

Bref, par téléphone Jean-Paul m'aime, de visu il me hait. En fait, il croit à chaque fois parler à ma collègue lorsqu'il pose ses questions à distance. Ce qui fait que lorsqu'il vient la trouver la bouche en coeur avec ses innombrables questions selon notre conversation téléphonique et que ma collègue ne sait pas de quoi il parle, je ricane chaque fois dans mon coin.

Or, dernièrement, Jean-Paul est tombé sur ma collègue au téléphone et il a eu l'immense déplaisir de se trouver en face de moi pour finaliser son dossier. Je voyais tout son dédain peint sur son visage lorsqu'il s'est rendu compte que je ne savais pas de quoi il parlait. Il n'était pas accompagné et moi j'étais seule dans le bureau.

Alors, avec mon plus grand sourire, je lui ai gentiment susurré : "Je m'appelle Valvita". Son regard est resté vide, aucune connexion ne s'est opérée. Je lui répète alors : "Je m'appelle Valvita. Au téléphone, vous avez parlé avec ma collègue, Sophie. Je ne connais donc pas votre problème". (En plus, je trouve très drôle de jouer sur les mots, sachant que Jean-Paul ne va pas faire le lien, hin hin hin).

Je crois qu'il a finalement compris. Je ne reçois plus aucun téléphone et il m'évite comme la peste. Il doit s'en vouloir d'avoir été si désagréable au téléphone avec sa chérie, Sophie...

4 commentaires:

  1. Et voilà!!! c'est fini, cette satanée "fin d'année"..... et la nouvelle commence en beauté!
    Elle est pas belle la vie, dis?

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  2. j'ai pas tout à fait très bien compris ton commentaire !??!?!?? :)

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  3. C'est pour dire que ma vie est merveilleuse en ce moment. Dîner de cons qui s'étale sur toute la journée et mélange vomi/diarrhée le soir pour m'accueillir quand ce n'est pas au réveil. Ah quel bonheur de se brosser les dents dans ce si doux parfum. (Mes doigts puaient encore le vomi au boulot).

    Ouai, la vie est belle...

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